22.09.2007

La file d'attente du Lafayette Gourmet

Dans la file d'attente du Lafayette Gourmet, S. me fait de grands signes par dessus quelques épaules accablés, que fais-tu ici tu habites le quartier, non j'achète du sel de luxe, moi c'est du jambon (mon Dieu 30 minutes de queue pour quelques grains de sel fleuris ou fines tranches de jambon), ah bon.

Ma voisine est une petite femme d'une soixantaine d'années, vêtue d'une parka vert fluo et de chaussures grises à lacet, elle a avec un grand sourire, dépassé une bonne dizaine de personnes pour attendre à côté de moi sans avoir tout à fait décidé si j'allais être sa onzième victime. Elle profite de mon échange avec S. pour engager la conversation, elle aussi a acheté du jambon ! Ah bon !

Pendant la demi heure qui a suivi, elle a fait semblant de ne pas trouver la sortie du Lafayette Gourmet ni l'entrée de la bouche de métro, elle s'est heurtée à des distributeurs de ticket amorphes, elle m'a raconté sa vie, son fils, les amants napolitains, l'explosion de l'importation d'épicerie fine aux USA, les musées de Baltimore et la poissonnerie de la rue Damrémont, photos à l'appui.

Elle m'a aussi demandé cinq fois si j'étais mariée et enfin pourquoi si je n'étais pas mariée, je parlais de ma "sister in law"...

 

16.09.2007

Convention nationale

Dans le Vieux Barcelone, nous avons été promenés de bar à tapas en bar à tapas, sans répit.
Nous avons battu les pavés inégaux pour résoudre des énigmes étranges.

  • Adam et Eve avaient-ils un nombril ?
  • Pourquoi les chats n'aiment-ils pas le paté de rat ?

Si bien que je n'ai presque rien vu de cette ville, manquée déjà en février dernier.

A Sitges, nous avons construit des châteaux de sable que les vagues innondaient, des pyramides humaines et vacillantes. A l'heure de la sieste, j'ai couru par les terrasses des immeubles, pour trouver les ruelles de la vieille ville et le vent de la liberté. Le jeu consistait alors à repérer les couples hétéros...

11.09.2007

Les Andelys, 8 septembre 2007

A la foire à tout des Andelys, les petits chiens sont promenés dans de grands caddies métalliques. A la foire à tout des Andelys, les petits garçons, assis sur les marches du stand d'animation, attendent que des parents improbables daignent les retrouver.

A la foire à tout des Andelys, elle nous a préparé des sandwiches jambon beurre salé que nous avons partagés dans un coin d'ombre. A la foire à tout des Andelys, elle nous offert une pince à bois et une pelle à cendres pour la petite cheminée de notre appartement parisien.

A la foire à tout des Andelys, nous avons souri autour des diabolo menthe, du bonheur simple d'être ensemble, nous et sa maman.

Enfin.

08.09.2007

Grönemeyer et elle

Ce chanteur m'étonne à chaque nouvel album. Cette semaine est sorti le dernier Grönemeyer avec deux ballades poignantes : Marlene et Du bist die. Cette dernière chanson me parle d'elle. Evidemment d'elle. Exactement d'elle.

Voici une traduction, un rien maladroite, un peu libre.

 

TU ES CELLE
Parce que tu partages ma vie
Tu oublies mes failles
Mais quand de temps à autre, tu m’avoues
Que tu n’aimes pas tout chez moi
Alors je m’efforce de te laisser t’éloigner
Je voudrais te faire don de mon cœur, de mon ouïe
Et t’offrir mon épaule
J’aimerais tant être ton asile
Le mat dans ton navire
Le bleu parfait dans ton ciel
Et tout ce qui te manque
Oublie les chimères et les rêves
Je ne peux rien promettre
Continue à le vouloir encore
Et reste telle que tu es
Tu es mon souffle, celle qui me donne l’élan
Tu es celle qui me touche, celle qui me conforte
Celle qui me trouve et celle qui m’aime
Et si tu le veux bien, tu es tout ce qui compte
Et lorsque le chagrin t’accable
Et que tout se brouille en toi
Que même l’espoir s’amenuise
Comme les sentiments sombrent
Envoie-moi un simple signe
Et dis-moi que c’est fini
Alors dans une dernière étreinte
Je te libérerai de nous
Tu es mon souffle, celle qui me donne l’élan
Tu es celle qui me touche, celle qui me conforte
Celle qui me trouve et celle qui m’aime
Et si tu le veux bien, tu es tout ce qui compte
Et si nous restons fidèles à ce que nous sommes
Si nous nous affrontons à découvert
Et si le vent ne porte pas vraiment
Je m’accrocherai solidement à toi
Je veux que tu apaises ma soif
Que tu effaces la distance entre nous
Peu importe ce que la vie nous réserve
C’est avec nous que c’en est décidé
Tu es mon reflet, celle qui me devine
Tu es celle qui me ressent, celle me retient
Celle qui me fonde et celle qui me tire
Et si tu le veux bien, tu es tout ce qui compte
Tu es mon commencement, mon aiguillon
Tu es celle qui me comprend, celle me soutient
Tu es mon harmonie, celle qui m’invente
Tu es tout cela, parce que c’est ainsi
Tu veux être tout cela, parce que c’est ainsi.

06.09.2007

Je préfère Jack Bauer

J'ai sauté le pas, à force de lire leurs éloges. J'ai suivi le tempo, à écouter leur verbiage. Voici que je me suis coltiné les premiers épisodes de The L World. Je n'ai jamais eu le sens du rythme, et encore moins d'équilibre. Impossible de m'accrocher, impensable de m'aggriper.

J'ai très vite zappé sur 24 heures chrono.

Qui eut crû que le mâle Jack Bauer devienne le héros de mes soirées en solo... me laissant à bout de souffle et ivre de suspens toutes les 40 minutes.

J'imagine. Le blond Jack Bauer invité à une soirée au Planet, les baisers moites dans les salles de bain aseptisées glissent sur l'image de Jenny retenue en otage par un terroriste qu'elle croyait éditeur, et la minuterie d'une bombe apparaît sur un tableau palimpseste suspendu dans le salon de Tina. En 24 heures, Jack va sauver Los Angeles, la piscine de Bette et Tina, et sa fille des bras de Shane. Quant à Jenny, dommage collatéral...

 

05.09.2007

Elle me dit son nom

Tous les dimanches soir, elle me quitte.

Infinitif et féminin.

Quies, quietis.

Calme trompeur, ascension des fières à bras, croisée des chemins, wasserfall, écrasement des ombres sur les roches riantes.

Par où il faut commencer

Ce blog est le numéro 3.

Le premier me voyait conter par le menu la file d'attente de ceux "qui donnaient une nouvelle orientation à leur carrière", mes propres errements à durée déterminée, quelques lectures ici et là-bas, je ne vous parlais pas d'elle...

Sur Myspace, je partageais de furieuses découvertes musicales, je divaguais littérature, je laissais quelques bouts de moi en voyage, je ne vous parlais pas d'elle.

Il a fallu ces deux expériences distraites, pour libérer la parole. 

La  voici, écoutez ! regardez ! Elle avance, précédée de son sourire. 

I know I've been a liar and I know I've been a fool
I hope we didn't break it but I'm glad we broke the rules
My cave is deep now yet your light is shining through
I cover my eyes, still all I see is you
Damien Rice - The animals were gone 
 
Le bonheur, c'est pas très intéressant. J'ai lu ces lignes quelque part sur un blog aimé. Hier, j'avais moi aussi choisi la posture du pélican. La déchirure est dicible, la perte repose, sur un air de piano. 

Après la mort de son épouse, le chanteur allemand Herbert Grönemeyer écrit certains de ces plus beaux textes.  

 Weiß man, wie oft ein Herz brechen kann?
Wie viel Sinne hat der Wahn?
Lohnen sich Gefühle?

Wieviele Tränen passen in einen Kanal?
Leben wir nochmal?
Warum wacht man auf?
Was heilt die Zeit?

Ich bin dein siebter Sinn,
dein doppelter Boden,
dein zweites Gesicht.
Du bist eine kluge Prognose,
das Prinzip Hoffnung,
ein Leuchtstreifen aus der Nacht.
Irgendwann find und lieb ich dich ...

Extrait de "Demo - Letzer Tanz" (album Mensch

Et pourtant il suffit de quelques vers d'Eluard pour appréhender l'écriture du bonheur. Pourtant il suffit de quelques Paroles de Prévert pour ouvrir la cage aux oiseaux du malheur. Pourtant il me suffit de penser à elle pour effacer les nuages amers.

"Jamais je n'écrirai parce que je suis vraiment seule. Jamais l'écriture ne viendra du malheur."

Nina Bouraoui (Poupée Bella)


Toutes les notes