29.11.2007

Des visages, des figures

Fred des Rita est décédé hier d'un cancer foudroyant à l'âge de 53 ans. Je connais les chansons populaires, la voix de Catherine Ringer qui invariablement crée comme une angoisse en moi.

J'image ceux-là pour qui ce guitariste était une figure de leur adolescence, une réminiscence - LP me parlait de son premier flirt.

Je me projette moi-même si Untel disparaissait aujourd'hui, sans avoir produit la chanson ultime, ou même l'ayant produite - les heures à regarder les piètres hommages télévisés, collages obscènes de bouts de vie, pas les mieux, pas les pires - la musique en creux dans notre histoire.

Voilà que la vie des autres s'effondre. Ceux là que je suivais de loin, dont sans le vouloir, sans le savoir, j'avais fait des modèles - et dont l'histoire défaillante me renvoie à mes propres peurs.

 

 

 

 

21.11.2007

En passant

#Lundi soir, dans les rues du Barri Gotico, j'ai une fois encore, pensé à toi qui n'y étais pas.

#El Born, bar de touristes et de tapas, nous avons pris soin de ne pas nous dévoiler nos vies. 

#Soirée Michel Berger. Entre ici et là-bas, nous avons ouvert en simultané notre calendrier de l'Avent.  J-24.

#C'est fou comme France Gall a un air de famille.

#Retour à la réalité, grèves et Christophe Willem. Comme déjà l'Espagne me manque.

#Dans l'avion, à l'aller et au retour, sur l'écran flou de mon i-pod, avec des sous-titres minitaures, un beau film indien dans ma période filmo LGBT : The Journey

#Tété est évident sur cette chanson. Evidemment

 

15.11.2007

Vélib ou comment faire des rencontres

Les uns sont meetic, pseudo et texto.

Petite mais d'allure athlétique, pleine d'humour et toujours de bonne humeur, cherche...

RDV fontain St Mich, mcrdi proch. Chandail crème, bottes marron, parapluie beige.

Les autres sont Métro, envolée lyrique ou récit épique.

Vous, les yeux verts, un chandail marron clair, des bottes cavalières, mercredi au point du jour ligne 4, comme un courant d'air, ce matin pluvieux. Vous reverrai-je un autre jour de grève ? 

...

Jour de grève. 22h30. Une quinzaine de Vélib déglingués tournent dans le 18e, en peine de borne. Vous êtes allés rue Marcadet... (jeune homme athlétique) ah ! et boulevard Ornano ? (rousse manteau col lapin) bon bon, je vous accompagne rue du Ruisseau... (brunette aux yeux verts) Eh vous aussi ! vous ici ! (voisine de palier) Je reviens bredouille de la rue Championnet, inutile de poursuivre dans cette direction ! nada, nichts, nothing... (bobo barbe de trois jours)...

1/2 heures plus tard...

10 rue Damrémont, il y a une vingtaine de bornes libres ! Roulez-y vite ! C'est un sens unique et ça grimpe ! Passez le mot ! 

Regardez-les ! le jeune homme athlétique, la rousse manteau col lapin, la brunette aux yeux verts, la voisine de palier, le bobo barbe de trois jours, les autres encore...  ils roulent tant bien que mal sur leurs selles surélevées, ils grimpent avec leurs pneus dégonflés, ils sens unique vers la borne 1801, ils s'encouragent, ils se découragent, voici la brunette aux yeux verts qui a mis pied à terre... 

Et si on allait boire un verre... 

13.11.2007

Kopf hoch

J'écoute en boucle les 12 titres de Grönemeyer, je relis quelques vers d'Erich Fried.

Ich vermisse dich.

Je me voudrais prolixe, sans heurts dans la case blanche. 

Sie kehrt wieder heim.

Je délaisserai mon blog et le masque, j'oublierai les heures dactylo, les errances noctures, les parades sauvages, les codes.

Das Unheimliche. Die Abwesenheit.

Je me réfugierai ailleurs - dans le creux de ses bras.

Das Leben wird zur Euphorie.


podcast
 

Was es ist, Erich Fried

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Es ist Unsinn
sagt die Vernunft
Es ist was es ist
sagt die Liebe

Es ist Unglück
sagt die Berechnung
Es ist nichts als Schmerz
sagt die Angst
Es ist aussichtslos
sagt die Einsicht
Es ist was es ist
sagt die Liebe

Es ist lächerlich
sagt der Stolz
Es ist leichtsinnig
sagt die Vorsicht
Es ist unmöglich
sagt die Erfahrung
Es ist was es ist
sagt die Liebe

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