13.11.2007

Was es ist, Erich Fried

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Es ist Unsinn
sagt die Vernunft
Es ist was es ist
sagt die Liebe

Es ist Unglück
sagt die Berechnung
Es ist nichts als Schmerz
sagt die Angst
Es ist aussichtslos
sagt die Einsicht
Es ist was es ist
sagt die Liebe

Es ist lächerlich
sagt der Stolz
Es ist leichtsinnig
sagt die Vorsicht
Es ist unmöglich
sagt die Erfahrung
Es ist was es ist
sagt die Liebe

30.10.2007

Jour de fête

Quatre années.

Si elle m'avait dit hier qu'elle y resterait quatre années, dans cette ville indigne, froide et distante, où l'ange ironique souriant veille sur la mysoginie des notabilités assises.

Si elle m'avait dit hier qu'elle supporterait quatre années de silence et d'incidieuses rumeurs sussurées par des picadors au féminin, en mal de taureau.

Si elle m'avait dit hier, il y a quatre ans...

Quatre années,

ont passé...

Comme l'ombre de nous sur un quai de gare.

Quatre années enfin révolues.

Ma douceur, inégalée, bientôt parisienne. 

Elle est retrouvée

Quoi ?

L'Eternité

C'est la mer allée avec le soleil. 

 

 

 

10.10.2007

Beirut

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09.10.2007

Nos mères

Quand ma belle-mère a commencé à se confier à ses frères et soeurs (à chacun l'un après l'autre, rituellement, sauf aux trois aînées, religieuses ou équivalent nonne), les réactions ont été attentives, souriantes, intéressées, condescendantes, compatissantes. Depuis, l'oncle T. a même demandé à me rencontrer, "pour son ouverture d'esprit" (sic). L'unique et véritable heurt est venu du sud-ouest, inattendu et violent : "pourquoi tu nous en parles, ça ne NOUS regarde pas, et ça ne TE regarde pas." 

Il y a quelques années, B. me rapportait cette conversation avec ma mère : elle lui confiait que l'une de ses amies proches lui avait recommandé de ne plus me voir. B. n'a jamais su qui était cette ennemie intime. Je n'ai jamais posé la question à ma mère.

Hier soir, nous trouvions la réponse à la vindicte basque : leur propre fille a quitté son mari et ses grands enfants... pour une femme. Demain, je découvrirai qui a conseillé si gentiment ma mère. Je le saurai en observant qui parmi les fils ou fille de ses amies a révélé une attirance ou un amour qui ne les regardent pas.

 

 

01.10.2007

Contrasté

#Au vide-grenier des Batignolles, nous avons croisé de jeunes couples bardés de bambins entre quelques mois et quelques années, et qui bientôt migreront de l'autre côté du pont d'Asnières, pour quelques mètres carrés et un troisième blondinet.

#Sur un Vélib, mieux vaut ne pas avoir à tourner à gauche, à moins d'être de très bonne humeur, au point de supporter les injures des chauffeurs du dimanche, ou d'être téméraire au point de couper la route au bus 31.

#Dimanche soir, B. nous a parlé de son taux de T4 juste à la limite, de la charge virale bienheureusement restée faible depuis sept ans, et de sa colère contre N. contaminé malgré les avertissements.

#Déjeuner de famille. Champagne pour la naissance du fils de mon cousin. Un an vous sépare, tu aurais pu être la première, tu aurais dû en tant qu'aînée de la famille...  

#Au concert de The Police, le carré d'or est coincé derrière la table de mixage. La production est désolée d'avoir vendu des places avant d'avoir validé les installations techniques.

#Notre toile de Michaël Austin n'obtient qu'un assentiment de circonstance. J'aime le dos des brunes, et le drappé des robes rouges.

#Ce soir là, notre ami B. a un terrible besoin de s'épancher, après tant d'années de silence - pour ne pas nous faire mal.

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#A l'écran, elle est rigolote, culotée, irrévérencieuse parfois, vous l'imaginez, bien dans sa peau. Vous ne savez pas, le poids de l'éducation, la famille... et combien elles doivent se cacher.

#Nous avons monté la rue Joseph de Maistre sans passer les vitesses. Le motard qui nous a coupé la route dans la voie de bus de la rue de Clichy est un connard, même s'il refuse de l'admettre.

#Le voici qui parle de lui comme je parle d'elle. B. me surprendra toujours.

#Sur la veste de K. Pierre : ah, elle est bizarre ta veste, ah on dirait qu'elle est mouillée. B. : oh, quelle est sympa cette veste, ça fait couture. Du Chanel classe.

 

 


 

 

 

22.09.2007

La file d'attente du Lafayette Gourmet

Dans la file d'attente du Lafayette Gourmet, S. me fait de grands signes par dessus quelques épaules accablés, que fais-tu ici tu habites le quartier, non j'achète du sel de luxe, moi c'est du jambon (mon Dieu 30 minutes de queue pour quelques grains de sel fleuris ou fines tranches de jambon), ah bon.

Ma voisine est une petite femme d'une soixantaine d'années, vêtue d'une parka vert fluo et de chaussures grises à lacet, elle a avec un grand sourire, dépassé une bonne dizaine de personnes pour attendre à côté de moi sans avoir tout à fait décidé si j'allais être sa onzième victime. Elle profite de mon échange avec S. pour engager la conversation, elle aussi a acheté du jambon ! Ah bon !

Pendant la demi heure qui a suivi, elle a fait semblant de ne pas trouver la sortie du Lafayette Gourmet ni l'entrée de la bouche de métro, elle s'est heurtée à des distributeurs de ticket amorphes, elle m'a raconté sa vie, son fils, les amants napolitains, l'explosion de l'importation d'épicerie fine aux USA, les musées de Baltimore et la poissonnerie de la rue Damrémont, photos à l'appui.

Elle m'a aussi demandé cinq fois si j'étais mariée et enfin pourquoi si je n'étais pas mariée, je parlais de ma "sister in law"...

 

16.09.2007

Convention nationale

Dans le Vieux Barcelone, nous avons été promenés de bar à tapas en bar à tapas, sans répit.
Nous avons battu les pavés inégaux pour résoudre des énigmes étranges.

  • Adam et Eve avaient-ils un nombril ?
  • Pourquoi les chats n'aiment-ils pas le paté de rat ?

Si bien que je n'ai presque rien vu de cette ville, manquée déjà en février dernier.

A Sitges, nous avons construit des châteaux de sable que les vagues innondaient, des pyramides humaines et vacillantes. A l'heure de la sieste, j'ai couru par les terrasses des immeubles, pour trouver les ruelles de la vieille ville et le vent de la liberté. Le jeu consistait alors à repérer les couples hétéros...

11.09.2007

Les Andelys, 8 septembre 2007

A la foire à tout des Andelys, les petits chiens sont promenés dans de grands caddies métalliques. A la foire à tout des Andelys, les petits garçons, assis sur les marches du stand d'animation, attendent que des parents improbables daignent les retrouver.

A la foire à tout des Andelys, elle nous a préparé des sandwiches jambon beurre salé que nous avons partagés dans un coin d'ombre. A la foire à tout des Andelys, elle nous offert une pince à bois et une pelle à cendres pour la petite cheminée de notre appartement parisien.

A la foire à tout des Andelys, nous avons souri autour des diabolo menthe, du bonheur simple d'être ensemble, nous et sa maman.

Enfin.

08.09.2007

Grönemeyer et elle

Ce chanteur m'étonne à chaque nouvel album. Cette semaine est sorti le dernier Grönemeyer avec deux ballades poignantes : Marlene et Du bist die. Cette dernière chanson me parle d'elle. Evidemment d'elle. Exactement d'elle.

Voici une traduction, un rien maladroite, un peu libre.

 

TU ES CELLE
Parce que tu partages ma vie
Tu oublies mes failles
Mais quand de temps à autre, tu m’avoues
Que tu n’aimes pas tout chez moi
Alors je m’efforce de te laisser t’éloigner
Je voudrais te faire don de mon cœur, de mon ouïe
Et t’offrir mon épaule
J’aimerais tant être ton asile
Le mat dans ton navire
Le bleu parfait dans ton ciel
Et tout ce qui te manque
Oublie les chimères et les rêves
Je ne peux rien promettre
Continue à le vouloir encore
Et reste telle que tu es
Tu es mon souffle, celle qui me donne l’élan
Tu es celle qui me touche, celle qui me conforte
Celle qui me trouve et celle qui m’aime
Et si tu le veux bien, tu es tout ce qui compte
Et lorsque le chagrin t’accable
Et que tout se brouille en toi
Que même l’espoir s’amenuise
Comme les sentiments sombrent
Envoie-moi un simple signe
Et dis-moi que c’est fini
Alors dans une dernière étreinte
Je te libérerai de nous
Tu es mon souffle, celle qui me donne l’élan
Tu es celle qui me touche, celle qui me conforte
Celle qui me trouve et celle qui m’aime
Et si tu le veux bien, tu es tout ce qui compte
Et si nous restons fidèles à ce que nous sommes
Si nous nous affrontons à découvert
Et si le vent ne porte pas vraiment
Je m’accrocherai solidement à toi
Je veux que tu apaises ma soif
Que tu effaces la distance entre nous
Peu importe ce que la vie nous réserve
C’est avec nous que c’en est décidé
Tu es mon reflet, celle qui me devine
Tu es celle qui me ressent, celle me retient
Celle qui me fonde et celle qui me tire
Et si tu le veux bien, tu es tout ce qui compte
Tu es mon commencement, mon aiguillon
Tu es celle qui me comprend, celle me soutient
Tu es mon harmonie, celle qui m’invente
Tu es tout cela, parce que c’est ainsi
Tu veux être tout cela, parce que c’est ainsi.

06.09.2007

Je préfère Jack Bauer

J'ai sauté le pas, à force de lire leurs éloges. J'ai suivi le tempo, à écouter leur verbiage. Voici que je me suis coltiné les premiers épisodes de The L World. Je n'ai jamais eu le sens du rythme, et encore moins d'équilibre. Impossible de m'accrocher, impensable de m'aggriper.

J'ai très vite zappé sur 24 heures chrono.

Qui eut crû que le mâle Jack Bauer devienne le héros de mes soirées en solo... me laissant à bout de souffle et ivre de suspens toutes les 40 minutes.

J'imagine. Le blond Jack Bauer invité à une soirée au Planet, les baisers moites dans les salles de bain aseptisées glissent sur l'image de Jenny retenue en otage par un terroriste qu'elle croyait éditeur, et la minuterie d'une bombe apparaît sur un tableau palimpseste suspendu dans le salon de Tina. En 24 heures, Jack va sauver Los Angeles, la piscine de Bette et Tina, et sa fille des bras de Shane. Quant à Jenny, dommage collatéral...