05.09.2007

Elle me dit son nom

Tous les dimanches soir, elle me quitte.

Infinitif et féminin.

Quies, quietis.

Calme trompeur, ascension des fières à bras, croisée des chemins, wasserfall, écrasement des ombres sur les roches riantes.

Par où il faut commencer

Ce blog est le numéro 3.

Le premier me voyait conter par le menu la file d'attente de ceux "qui donnaient une nouvelle orientation à leur carrière", mes propres errements à durée déterminée, quelques lectures ici et là-bas, je ne vous parlais pas d'elle...

Sur Myspace, je partageais de furieuses découvertes musicales, je divaguais littérature, je laissais quelques bouts de moi en voyage, je ne vous parlais pas d'elle.

Il a fallu ces deux expériences distraites, pour libérer la parole. 

La  voici, écoutez ! regardez ! Elle avance, précédée de son sourire. 

I know I've been a liar and I know I've been a fool
I hope we didn't break it but I'm glad we broke the rules
My cave is deep now yet your light is shining through
I cover my eyes, still all I see is you
Damien Rice - The animals were gone 
 
Le bonheur, c'est pas très intéressant. J'ai lu ces lignes quelque part sur un blog aimé. Hier, j'avais moi aussi choisi la posture du pélican. La déchirure est dicible, la perte repose, sur un air de piano. 

Après la mort de son épouse, le chanteur allemand Herbert Grönemeyer écrit certains de ces plus beaux textes.  

 Weiß man, wie oft ein Herz brechen kann?
Wie viel Sinne hat der Wahn?
Lohnen sich Gefühle?

Wieviele Tränen passen in einen Kanal?
Leben wir nochmal?
Warum wacht man auf?
Was heilt die Zeit?

Ich bin dein siebter Sinn,
dein doppelter Boden,
dein zweites Gesicht.
Du bist eine kluge Prognose,
das Prinzip Hoffnung,
ein Leuchtstreifen aus der Nacht.
Irgendwann find und lieb ich dich ...

Extrait de "Demo - Letzer Tanz" (album Mensch

Et pourtant il suffit de quelques vers d'Eluard pour appréhender l'écriture du bonheur. Pourtant il suffit de quelques Paroles de Prévert pour ouvrir la cage aux oiseaux du malheur. Pourtant il me suffit de penser à elle pour effacer les nuages amers.

"Jamais je n'écrirai parce que je suis vraiment seule. Jamais l'écriture ne viendra du malheur."

Nina Bouraoui (Poupée Bella)